Sonic Youth – N.Y Larsen

Comment écrire un article sur un groupe qui a été maintes fois chroniqué ? Un groupe qui représente énormément dans ma culture musicale. Je pense qu’il faut juste laisser parler son cœur en tant que fan, arriver à expliquer ce que Sonic Youth provoque au plus profond de moi. Par quoi commencer ? Je n’ai pas, comme je le dis bien souvent la verve journalistique. Dois-je me laisser aller à l’écriture automatique ? Entasser une multitude d’idées ? Je crois que je vais commencer par l’indécrottable biographie.
« Ouais, ça sera bien mieux… »

Sonic Youth c’est tout d’abord l’histoire d’une alchimie artistique, d’une recherche du son de l’expérimentation à base de guitares trafiquées par leurs soins, un groupe qui ne s’arrêtera jamais de chercher encore et encore….

Genèse de Sonic Youth :

Nous sommes en 1977 la scène punk New-Yorkaise est à son bourgeonnement. Le jeune Thurston Moore qui vit dans le Connecticut où ce n’est pas « La place to be »  fait ses valises pour s’exiler vers le grosse pomme. C’est dans un magasin de disques qu’il rencontrera Kim Gordon, elle aussi fraîchement arrivée de son école d’art de Los Angeles. De leur rencontre naîtra une amourette qui dure depuis, mais aussi l’envie de former un groupe ensemble. Thurston lui avait déjà mis ça guitare au service des « Coachmen« , mais il voulait monter son propre « band » avec un son plus expérimental punk. Peu de temps aprés il tombent sur Lee Ranaldo un ex-hippie venu à New-York pour jouer dans des groupes de musique expérimentale .Lee avait  plusieurs contacts dans le milieu notamment auprés de Glenn Branca, un compositeur de symphonies bruitistes pour guitares aux methodes d’accordage peu orthodoxe, il sera un mentor pour Sonic Youth. Kim, Thurston et Lee sont presque prêts. Il leur faut maintenant un batteur. Richard Edson prend place a ce poste, nous sommes en 1981 sonic Youth est à sa 1ere formation. Ils donnent leur 1er concert dans la non-moins fameuse salle du « CBGB » haut lieu du de culture rock New-Yorkaise.En 1982 Sonic Youth sort son 1er EP intitulé sobrement « Sonic Youth » peu de temps aprés Richard Edson laisse sa place a Bob Bert, l’aventure ne fait que commencer.

Les albums des débuts :

« Confusion is sex » (1982) (Neutral/Zensor records) (Réédité par Geffen)

Avec Bob Bert comme batteur attitré Sonic Youth peut sortir son 1er album.Un album bruitiste influencé « NO WAVE » et « hardcore » à la Minor Threat, Black Flag et Dead Kennedys. Il y’a aussi un clin d’oeil aux Stooges avec la reprise de « I wanna be your dog« . Cet opus annonce aussi l’arrivée des accordages alternatifs qui donneront à Sonic youth leur touche « noisy« . Avec ce LP Sonic youth se hisse en porte drapeau de la scène hardcore New Yorkaise. Aprés une tournée qui les amenera autour des USA et en Europe Sonic Youth décide de rentrer en studio nous sommes en 1985.

« Badmoon Rising » (1985) (Homestead/Blast First records)(Réédité par Geffen)

C’est dans un contexte particulièrement noir que l’écriture de l’album s’est faite. La politique exterieure de Ronald Reagan laisse presager un sort funeste pour l’Amérique (guerre nucléaire), et on ressent bien ce contexte à travers des titres comme « Society is a Hole » et l’énorme « Death valley 69 » où Sonic Youth invite Lydia Lunch à poser sa voix sur ce morceau narrant les aventures de la « famille » de Charles Manson.

« Evol« (1986) (SST/Blast First records)(Réédité par Geffen)(Pochette Richard Kern + Sonic Youth)

Bob Bert quitte la formation laissant sa place à Steve Shelley qui occupe ce poste depuis. Aprés avoir voyagé de labels en labels Sonic Youth s’arrête chez « SST records » qui s’occupent aussi de Hüsker Dü. Le groupe réalise ainsi son « 1er » grand disque, qui affiche un son beaucoup moins radical, le groupe s’étant debarassé de leur influences hardcore pour revenir a un son plus « pop » avouant leurs attirances pour Madonna, Prince, Bruce Springsteen. Sur cet album on retiendra le magnifique « Shadow of the doubt » et le flamboyant « Expressway to Yr Skull« . Avec cet album le groupe s’impose comme une des figure de l’underground américain. Lydia Lunch est sur la pochette de l’album prise en photo par le trés célèbre et dérangeant photographe Richard Kern.


« Sister » (1987) (SST/Blast First records)(Réédité par Geffen)

Un album où les Sonic Youth reviennent sur des structures de morceaux plus conventionnelles mais en les agrémentants de maltraitance sur leurs guitares (utilisation de tournevis et de barres de fer à même les cordes) qui leur font sortir des sons plus étranges que jamais. Des morceaux comme « White Cross » ou « Stereo Sanctity » montrent la hargne du groupe. L’album fut globalement bien reçu et ouvrit à SY la porte des « college radios » ainsi que des grosses tournées.Ils sont prêts maintenant à produire un des disques culte de l’histoire du rock….

« Daydream Nation« (1988) (Enigma/Blast First records)(Réédité par Geffen)(Pochette Gerhard Richter)

Malgré le rhytme effréné des tournées, le groupe arrive à trouver le temps pour enregistrer ce qui sera une de ses plus belles réalisations . On manquerai de superlatifs pour décrire « Daydream nation« , une pépite de 15 titres ouvrant sur le fougeux « Teenage Riot« . Lee Ranaldo nous gratifie d’un « Hey Joni » magistral. Kim Gordon nous envoute sur « The Sprawl » et « Cross the Breeze » et le Billboard ne se trompe pas en le classant dans les albums cultes à avoir dans sa discothèque.

Sonic Youth entre donc dans les années 90 avec une bonne notoriété dans le millieu rock alternatif.

Les 90’s ou la traversée du grunge :

Aprés le succès de « Daydream Nation » Sonic youth signe sur une major « Geffen » qui leur permettra de disposer d’un plus gros budget pour la production de leurs albums. Leur contrat aussi stipule qu’ils peuvent proposer des groupes à Geffen sans avoir à se justifier. C’est grace à eux que Nirvana décroche son contrat chez Geffen.

« GOO » (1990) (DGC/Geffen)

Goo est donc le 1er disque de SY sur Geffen . Parfois mal critiqué cet album n’as pas enjoué les propre auteurs. Il contient des featurings avec Jay Mascis de Dinosaur JR sur trois titres et « Kool Thing » avec Chuck D, leader du groupe de rap Public Enemy . Tout les morceaux de l’album possedent leurs propre clip.On retiendra « Dirty Boots » et « Mote« .

« Dirty » (1992) (DGC/Geffen)(Pochette Mike Kelley)

Sonic Youth s’essayent au « commercial » avec cet opus.Il contient quand même pas mal de tubes notament « Sugar Kane » qui passa en boucle sur MTV. Le fameux « 100% » ouvrira pas mal de leurs sets live. Les fans ont boudés cet album, reprochant à Sonic Youth d’aller vers du commercial.

« Experimental Jet Set, Trash and No Star » (1994) (DGC/Geffen)

Album peu connu du groupe ou du moins peu ecouté à sa juste valeur. Il sonne different de ce que Sonic Youth a produit jusqu’à maintenant.Les années grunge touchent à leur fin et on le sent bien.Les titres « Bull in the Heather« , « Androginous Mind » et « Sweet shine » sont un peu les hits qui tiennent l’album en place. On notera aussi que Lee ne chante sur aucun morceau.

« Washing Machine » (1995) (DGC/Geffen)

Une bouffé d’air frais pour le groupe qui, se posant des questions sur leur nom « Sonic Youth« , pensent qu’ils ne sont plus vraiment « Youth« . Le titre de cet album est donc le nom de groupe qu’ils auraient choisi. Cet album sonne donc le renouveau de SY avec des compos plus assagies, une pointe de Folk sur « No Queen Blues » et des balades mélancoliques « Little Trouble Girl » avec la participation de Lorette Velvette, Melissa Dunn et Kim Deal des Pixies . Le dernier titre de cet album est tout simplement superbe « The Diamond Sea » qui sur l’album fait 19 minutes et 35 secondes il existe une version plus longue (+ de 25 minutes) sortie plus tard sur une compil du groupe.

« A Thousand Leaves » (1998)(DGC/Geffen)

De retour au expérimentations musicales le groupe nous livre là un bon album avec quelques clins d’oeil à la France. Cet album est un peu comme sucer un Ricola, doux et fort en goût. Les tracks comme « Sunday » et « Hoarfrost » donnent la couleur de l’album. « The Ineffable Me » qui renoue avec le coté bruitiste et criard de Sonic Youth. Bref, il s’ecoute avec plaisir.

« NYC Ghost & Flowers » (2000)(Geffen)

Cet album est une sorte de seconde naissance pour le groupe. En effet en juillet 1999 le groupe se fait voler plusieurs guitares et pédales a effets irremplaçables car modifiées avec soin par le groupe. On note l’arrivé dans le groupe de  Jim O’Rourke artiste multifacettes (musicien, auteur, compositeur, interprète et producteur), il va ramener un verve créative au sein du groupe.Cet album se veut donc plus expérimental que le précédant en utilisant des objets incongrus sur les guitares Klaxon de vélo entre les cordes sur « Lightnin’  » une lime sur « Small Flowers Crack Concrete » et une trompette utilisée comme slide sur « Lightnin’« . L’album est un peu un declaration d’amour de SY à New York, la ville qui les a toujours inspirés. Le morceau éponyme de l’album est une pure merveille de slam rock.

« Murray Street« (2002)(Geffen)

Nous sommes en 2002 l’Amérique se relève difficilement des attentats du Wolrd Trade Center et Sonic Youth aussi, leur studio se trouvant non loin des deux tours. Quelques dégâts matériel mais l’album fut terminé. Jim O’Rourke fait maintenant parti du groupe. Le 1er track « The Empty page » une complainte rock « Sonic Youthesque » et le fabuleux « Rain on Tin » qui nous emmene loin dans nos rêveries avec des montées mélodiques d’une pureté cristalline. « Plastic Sun » est un peu le track punk du disque tout en restant un peu sage. L’album se clôture sur « Sympathy For the Strawberry » rempli de douceur et de bruit.

« Sonic Nurse« (2004)(Geffen)(Pochette Richard Prince)

Encore un album qui est passé un peu incognito. On reste dans la verve de l’album précédant avec des teintes plus pop chill sur certains morceaux. Mais on reconnaît toujours la patte Sonic Youth. On peut y déceler un peu plus de guitare acoustique  SY l’intègre a merveille sur des morceaux comme « Stones« . Les fans de la 1ère heure sont un peu déçus du virage calme que le groupe est en train de prendre.Les morceaux sont de plus en plus courts et laisse de moins en moins de place aux longues envolées « Noisy » que SY eu l’habitude de faire, mais le groupe se concentre plus sur l’harmonisation  « New Hampshire » en est un exemple en 5:41 on voyage vraiment sur plusieurs structures.

« Rather Ripped« (2006)(Geffen)

Jim O’Rourke quitte Sonic Youth pour se concentrer sur ses projets personnels. C’est aussi le dernier album que SY a en contrat avec Geffen. Et la encore SY créera une barrière « POP » cette fois c’est la déception pour les fans de longue date.  Mark Ibold de Pavement fait son entrée dans le groupe. Album sans trés grands titres qui sortent du lot a part « Pink Stream » et « Or » qui sonnent bien.

« The Eternal« (2009)(Matador Records)(Pochette Repro de « Sea Monster » de John Fahey)

Geffen quitté, ils signent chez Matador Records où ils se retrouvent aux cotés de Cat Power, Interpol, Mogwai…..Thuston raconta qu’en quittant Geffen ils se sentaient enfin libres et que les derniers 4/5 albums etaient un peu fait à contre coeur.Sur cet album on garde la recette qui a fait Sonic Youth : Des gros riffs, une harmonie parfaite, des lyrics pleines d’émotions. Bref Sonic Youth se reveille ! La preuve en est sur un morceau comme « Malibu Gas Station » ou « Antenna« .

Sonic Youth Recordings (SYR) :

C’est un label créer par le groupe pour sortir par leurs propres moyens des « tracks » trés experiementaux que Geffen n’aurai pas voulu sortir. Cela leur permettra aussi de faire des collaborations avec des artistes qu’ils apprecient.

Voila la liste des albums sortis sur SYR :

SYR1, Anagrama (1997)

SYR2, Slaapkamer met Slagroom(1997)

SYR3, Invito al Cielo(1998)

SYR4, Goodbye 20th Century(1999)

SYR5 (2000)

SYR6, Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui(2005)(feat. Tim Barnes)

SYR7, J’accuse Ted Hugues(2008)

SYR8, Andre Sider af Sonic youth(2008)(Feat Jim’O’Rourke, Mats Gustafsson et Merzbow)

SYR9, Simon Werner a Disparu(2011) (Bande Originale du film de Fabrice Gobert)

Sonic Youth et les bandes originales :

Le groupe a fait deux BO pour des films Français le premier en 2002 pour « Demonlover » d’Olivier Assayas et en 2010 pour « Simon Werner a Disparu » de Fabrice Gobert


Sonic Youth et les side-projects :

Thurston Moore (son propre label « Ecstatic Peace« )

– Mirror/Dash

– Lucky Sperms

– Dim Stars

– Velvet Monkeys

– Chelsea Light Moving

Ainsi que 3 albums solo « Psychic Hearts« (1995, Geffen) « Trees Outside The Academy« (2007Ecstatic Peace) et « Demolished Thoughts« (2011Ecstatic Peace)

Lee Ranaldo

– Text Of Light

Lee a sorti une multitudes d’albums solo

Kim Gordon

– Harry Crews (Avec Lydia Lunch )

– Free Kitten

– Kim Gordon Quartet

– Mirror/Dash

– Body/Head

Steve Shelley (son label « Smells Like Records« )

– Dim Stars

– Crucifucks

– Cat Power

– Mosquito

– Two Dollar Guitar

À voir :

« The Year Punk Broke » Un documentaire de Dave Markey sortit en 1992 où on retrouve Sonic Youth, Nirvana, Dinosaur JR, Babes In Toyland, The Ramones et Gumball

« Corporate Ghost » En DVD sortit en 2004 regroupant les clips de SY

Cliquez :

Le site de Sonic Youth : ICI


Les Sonic youth ont maintenant plus de 30 ans de carrière et ils approchent de la cinquantaine ou la depassent pour certains mais ils sont loin d’arrêter. En effet nous avons à faire à des musiciens mais aussi à des scientifiques du son qui n’auront de cesse de rechercher de nouvelles sonorités.

Ce groupe a bercé mon initiation à la musique rock depuis que j’ai 13 ans. Il a su toucher juste avec ses harmonies et « lyrics » même si à l’époque je ne captais rien de ce qu’ils pouvaient raconter. Il m’a accompagné tout le long de mon adolescence et dans ma vie d’adulte et m’a fait me rendre compte qu’en effet la jeunesse est sonique de part son foisonnement de découvertes mais aussi la rapidité à laquelle elle passe. Tout ça nous rend bien nostalgiques et même si le groupe a bien changé il garde pour moi tout son sens. Et souvent j’ai bien peur d’un « split » mais je me dit que l’héritage de bruit qu’il nous laisseront est tout simplement une mine inépuisable. Heureusement que ce jour n’est pas encore arrivé et j’attendrai impatiemment les nouveaux albums.

C’est avec ces 4 mots que je cloturerai donc cet article.

Thank You Sonic Youth.

Pour parfaire l’article voilà quelques vidéos :

Sonic Youth –  Teenage Riot (Daydream Nation1988) (Live aux Eurockéennes de Belfort 2005)

Sonic YouthDirty Boots (GOO1990)

Sonic YouthSugar Kane (Dirty1992)

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