NZCA/LINES (Interview)

Ce qui m’a troublé chez NZCA/LINES à la toute première écoute de son single « Compass Point », c’est la sensation de perdre l’équilibre entre des rythmiques élaborées et des touches de synthés réglées d’une main d’horloger.

Mais le fil de l’inspiration de Michael Lovett est bien tendu et sa voix est là pour nous guider tout en douceur. Au fur et à mesure que l’on écoute son album, on pénètre dans un univers d’une grande richesse musicale où se trouvent des morceaux condamnés à être prisonniers de nos têtes.

Ce premier LP produit par Charlie Alex March (Lo/Loaf Recordings) et mixé par Ash Workman (Simian Mobile Disco, Metronomy, etc…), nous ballade de galaxies en galaxies possédant chacune une sensibilité propre. On y sent une forme de rigueur numérique couplée à une créativité sensible et débridée, presque intimiste à l’image du clip de « Compass Point ».

Ainsi, NZCA/LINES réussi à nous faire découvrir un nouvel horizon dans le paysage musical actuel et nous fait voyager entre des nappes ponctuées de mélodies aussi efficaces qu’imprévisibles ; de futurs tubes (« Atom & Axes » et « Okinawa Channels ») qui nous donnent autant envie de rouler furieusement dans un paysage digital sur une moto tout droit sortie de « Tron », que de  fermer les yeux juste après pour mieux se laisser envahir par des chants de cathédrales cosmiques.

Assumant s’inspirer du R&B et plus particulièrement d’Aaliyah (dont on sent l’influence dans cette version a capella  de « try again »), ce dandy anglais de 24 ans, bassiste dans Your Twenties – groupe indie-pop de son demi-frère Gabriel Stebbing (ex-membre de Metronomy) – nous a accordé une interview à l’occasion de son premier album solo qui sortira le 27 février  2012.

1. Combien de temps avez vous passé sur cet album? Dans quelles conditions a-t-il été conçu ?
L’album a été partiellement assemblé de molécules d’eau du recoin de notre basse atmosphère qui furent ensuite vaporisé dans les fourneaux des forges de Clapton dans lesquelles Charlie Alex March et moi avons travaillé à générer le son idéal.
Nous avons bossé dans une maison en hiver où le chauffage coûtait cher mais nous l’avons quand même fait sonner West Coast. L’album a été conçu en dix jours répartis sur beaucoup de semaines.

2. Comment définiriez vous votre musique ? À quel style musical ne voudriez vous surtout pas être assimilé ?
Du rhythm & blue néo-electronique désespéré. Des larmes synthétiques en perles et pleines de tendresse. Des lasers aqueux dans une chambre anti-gravité. Cela m’énerverait si vous pensiez que j’ai perdu une guitare quelque part derrière un canapé et serai déçu si vous me classiez comme un flambeur à la mode que l’on jette après utilisation.

3. Pourquoi ce nom de scène ? Que vous évoquent ces fameuses lignes Nazca ?
Au dessus des lignes Nazca passe toutes les semaines un engin volant à hydrogène qui suit un chemin direct à travers une variété de données cartographiques. Voici les axes qui se connectent à un nombre de villes différents définies par le nouveau nord magnétique [Atoms & Axes et New Magnetic North sont des titres de l’album-ndlr]. Étant donné que ce nord magnétique change de lui même, l’engin peut voler vers d’autres destinations physique. Maintenant il finit toujours par passer par « Ira » ou « Diomède », ou ailleurs.
C’est pourquoi NZCA/LINES est appelé ainsi, car ces lignes constituent un lieu important vis-à-vis des réalités auxquelles je me réfère.

4. Avez-vous déjà eu peur qu’on vous associe trop facilement à votre demi-frère et donc à Metronomy ?
Je suis content que vous demandiez ça. Évidemment, il est génétiquement inconcevable que NZCA/LINES comporte des similitudes avec Metronomy. Quand je travaillais avec Charlie Alex March nous en étions conscients et nous avons volontairement pris la décision d’éviter la comparaison. Je pense que si vous écoutiez les deux projets côte à côte, vous réaliserez qu’ils sont vraiment différents. Évidemment, c’est sans compter le grand écart de genre ; néanmoins même si NZCA/LINES tombe dans la même catégorie « electronic pop », je suis content de ne pas avoir fait un cd de western country. Ça c’est pour plus tard.

5. On finira sur un scénario sur mesure : Si vous deviez quitter la terre dans un vaisseaux spatial suite à une tragédie apocalyptique et qu’il ne restait que 4 morceaux seulement sur le dernier disque dur ayant miraculeusement survécu, lesquels voudriez-vous pouvoir écouter ?
J’imagine que dans le cas où nous serions détruit dans une apocalypse, nous n’aurions pas été assez intelligent pour créer des bases sur d’autres planètes. Ai-je assez d’eau et de nourriture ? Est-ce que mes réserves d’oxygène sont recyclées ou infinies ? En ce moment même, je m’imagine un voyage relativement court dans le vide de l’espace, avant d’être écrasé par un astéroïde ou étouffé par le désespoir. Néanmoins je prends en considération votre question. Vous dites disque-dur, je considère que cet espace de stockage n’est pas un problème. Dans ce cas, je prendrais un enregistrement de 6h de sons de pluie et de chants d’oiseaux,

« Os Justi Meditabitur » de Bruckner,

« Asteroids over Berlin » de Bochum Welt,

et « Toxic » de Britney Spears.

Merci à Michael Lovett pour ses réponses.

Et maintenant à vos agendas !
NAZCA/LINES sera en concert au Point Ephémère le 19 février dans le cadre du Festival Fireworks.

En petite gourmandise, voici le single « Okinawa Channel » version live:

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